Mercredi 3 février 2010 3 03 /02 /Fév /2010 19:07

Traduction de texte lu à l'antenne le vendredi 22 janvier 2010 de la radio Europa Libera, consutable en roumain ici

 


Céline Jankowiak, apprentie journaliste française
en stage durant deux mois à l'hebdomadaire “Ziarul de Garda“.

Semaine du 18 au 22 janvier 2010


Lundi -  Je traque la larmichette

Pour la première fois de ma vie, je me suis dégoutée de mon futur métier. Ma patronne, Alina Radu, m’envoie au Cimetière tout en haut de la rue Armeneasca. Je dois y photographier la commémoration organisée en l’honneur du grand poète disparu l’année dernière, Grigore Vieru. Par des températures que je trouve plutôt extrêmes, je me retrouve collée aux proches du défunt pour les figer au moment crucial. Quand vont-ils craquer ? Vont-ils seulement pleurer ? Je suis prête à immortaliser leur souffrance. C’est un sentiment fascinant et effrayant qui s’installe en moi. Une sorte de voyeurisme assez dégoûtante. Je me demande alors, à cet instant précis, si c’est vraiment ce métier que je souhaite faire…N’y a-t-il que cela qui intéresse le lectorat ? Voir les autres souffrir ?

Bon ressaisissons-nous, la journée n’est pas encore finie. En effet une nouvelle surprise m’attend. Ce soir je visite le studio de PRO TV. Un vrai régal. Voir l’envers du décor est très intéressant. D’autant plus que je n’avais jamais visité un plateau de télévision auparavant. J’ai eu la possibilité de voir le plateau du “JT“ et celui de “In Profunzime“, la rédaction, la radio Pro FM, et les cabines de montage. Ce soir, c’est le Premier Ministre Vlad Filat l’invité. Un petit tour en régie, histoire de comprendre comment le tout est orchestré. Et voila ma journée achevée.

Mardi :  Si ce n’est pas de la soupe, qu’est-ce que c’est ?

Encore une journée qui commence par un coup de froid. Et une petite heure sous la neige, une ! Vous l’avez surement deviné, ce matin j’étais encore de reportage en extérieur. Juste avant, j’ai eu l’occasion d’assister à une messe donnée à l’église de la Bienheureuse Sainte Teodora de la Sihlla, tout à côté de la Casa Presei. Je trouve les églises orthodoxes très jolies à l’intérieur comme à l’extérieur. Leur architecture me plait beaucoup. Les peintures qui décorent les murs sont également très belles. C’est plutôt divertissant de les analyser tour à tour durant l’office… Bon, arrêtons de rêvasser, un peu de concentration ! On m’a demandé de ramener des photos de la bénédiction de l’eau. Un rituel assez insolite. Il y avait des personnes âgées agglutinées autour d’une table sur laquelle étaient disposés tous les récipients contenant l’eau, agrémentés de bougies et de sortes de fleurs séchées. À l’autre bout, des prêtres que je commence à bien connaitre et pour cause, je les ai pris de nombreuses fois en photo. C’est parti pour la séance photos. Une autre bonne occasion de faire des portraits sans que les gens se cachent le visage, me soupçonnant d’être une espionne. Je shoote tout, sous toutes les coutures. J’ai trouvé très jolies les mains qui cerclent les bougies pour ne pas qu’elles s’éteignent, j’espère que mes collègues choisiront cette prise de vue pour l’édition de jeudi.

Ce midi j’ai eu le droit à un petit débat culinaire. Enfin plutôt des explications scientifico-culinaires. Sur le fait que le Borsch n’est pas une soupe. De mon point de vue, si c’est liquide et pas dans un verre, c’est de la soupe ! La différence réside dans la façon de préparer ce plat, me dit-on. D'accord, je veux bien. Mais bon, ça ne ressemble pas à des pâtes, ni de la viande, c’est de la soupe non ? Non ? D’accord…

Mercredi : Jour de Bouclage.

Le mercredi, la rédaction du "Ziarul de Garda" est en pleine effervescence. C’est le jour de bouclage. Le journal parait tous les jeudis, il faut donc tout finir avant le fatidique mercredi soir. Mes collègues s’entre aident pour la relecture, on s’active dans toutes les pièces, Nicu carbure comme un forcené à la mise en page. De temps à autre, depuis leur bureau, mes supérieurs crient un prénom. Le désigné se lève et galope vers eux afin de savoir ce qu’on lui veut. De retour, il se rassoit en soupirant. Il a déjà oublié la fin de la phrase qu’il souhaitait écrire.

Nous trouvons tout de même le temps de partager un repas tous ensemble dans le bureau. Vin traditionnel, placinte, viande et poisson. Une occasion pour ce buffet surprise? Eh bien non ! J’adore vraiment travailler ici ! Il me semble impossible de retrouver une rédaction comme celle-ci en France. Alina me demande avec amusement si les rédactions françaises boivent du vin en milieu de journée comme ça ? Je lui réponds que oui…mais chacun des collègues dans son coin le midi.

Je découvre ensuite, dans l’après midi, un monument de ridicule. Il a pour nom : Pavel Turcu. Ça c’est de la musique haut de gamme ! Une symphonie de finesse… Lors de mes recherches sur ce pauvre bougre, je suis tombée par hasard sur une vidéo youtube l’érigeant en «héros». Je m’aperçois que monsieur Turcu excelle aussi dans l’art de la modestie. Et dire que ces fans louent chez lui la simplicité, et l’humilité. Quelques secondes de visionnage de la danse accompagnant sa chanson me suffisent pour rire un bon quart d’heure. On me dit que la blogosphère moldave le voyait déjà comme le représentant idéal de la Moldavie. Et je pense songeuse aux "Zdub si Zdob" finissant 6ème à l’Eurovision. Je me demande si Pavel Turcu n’était pas un simple canular.

Jeudi : Profitons au maximum.

Je commence à ressentir de la tristesse au fur et à mesure que s’approche de la fin de mon stage. Dans sept jours je quitte déjà la Moldavie. C’est comme ci ces deux mois n’avaient duré qu’une semaine. Je repense à toutes les rencontres que j’ai faites ici. Je n’ai croisé la route que de gens extraordinaires. Mes supérieurs : Alina, Aneta, Petru. Mes collègues proches (Nicu, Pascalino, Tatiana, Victor, Tania) et les autres, tous ceux qui m'ont prise pour une des leurs (Vasile, Valentina, Sandu, Lina, Corina, Angela et j'en oublie…). Mes amis : Constantin, Denise et sa bande, Stefan, Cristian, Paula. Je pense à l’incroyable opportunité que j’ai eue de visiter les endroits clefs de Moldavie: le Parlement, le Gouvernement, les sièges d’importantes organisations. Les personnalités de ce pays que j’ai pu croiser, que j’ai immortalisées, auxquelles j’étais présentée. Les médias vus de l’intérieur, réception à bras ouverts : Radio Europa Libera, VIP Magazine, Timpul, Pro TV, Jurnal TV (en franco-moldave "Je Te Veux") et je n'ai pas fini…

J’emporterai avec moi un souvenir inoubliable de la Moldavie. On dit qu’on découvre une partie de soi lors de chaque voyage. La Moldavie m’a dévoilé la part professionnelle chez moi qui ne demandait qu’à sortir. Mes débuts significatifs en journalisme je les ai faits ici. Ma première carte de presse. C’est ici que je l’ai reçue. La première photo que j’ai vendue, c’est ici aussi. Je commence à me dire que si les choses tournent mal pour moi en France, je reviendrai faire carrière en Moldavie.

Je passe de la peine à l’énervement. En traversant une rue, je glisse sur de la glace et me retrouve par terre avant même avoir pu comprendre ce qu’il se passait. Heureusement, aucune voiture ne passait par là à ce moment! Pas de casse de matériel, petit mal aux fesses, pas le temps de s’attarder, j’ai du pain sur la planche.

Vendredi :  Friday morning…aspirine

Réveil très difficile ce matin. Je ne prends même pas la peine de faire mon habituelle petite gymnastique matinale quotidienne. Celle-ci me permet, en temps normal, de sortir de ma léthargie. C’est mon petit rituel de réveil. NON ! Aujourd’hui je ne veux pas sortir de ma bulle, je ne suis pas motivée, je traine les pieds jusqu’à la Casa Presei en écoutant la musique très fort. Mon lit me manque.

Zut ! Plus de café au boulot. La journée commence mal. 12 emails m’attendent déjà sur ma messagerie. Je prends mon courage à deux mains et mets au travail. 10h15 mon premier collègue arrive. Le vendredi, c’est plutôt relax en termes d'horaires. Comme tous les jours, je survole la presse française à la recherche d’idées à proposer à la rédaction. Des travaux commencent au bout du couloir. Ils rénovent je ne sais quoi à coup de scie électrique ou de ponceuse, c’est très bruyant ! Ma concentration s’envole et un mal de crâne s’installe. Je n’aurais pas dû faire la fête hier soir. Courage, c’est le dernier jour.

P.S. NON, je n'ai pas la gueule de bois. Je suis juste triste de partir…

Par Ceska - Publié dans : Voyages
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Mercredi 27 janvier 2010 3 27 /01 /Jan /2010 10:46

Ne vous grattez pas la tête d’un air idiot, c’est écrit « machina vremeni ». C’est-à-dire la machine à remonter dans le temps. Pas le groupe rock, la vraie de vraie ! Je m’y suis installée le temps d’un weekend. Direction la Transnistrie !


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« Ne déconne pas là-bas ! S’il t’arrive quelque chose, l’ambassade ne peut rien pour toi. Vas y mollo surtout ne te bitures pas, tu vas tomber sur une bouteille frelatée. » Bon… tant de mises en garde commençaient sérieusement à aiguiser ma curiosité. Ça avait tout pour plaire, non ? Un pays dont le Président porte le nom d’une vodka. Il faut dire que je n’ai pas vraiment connu Berlin Est et que je n’ai eu droit qu’aux anecdotes des aventuriers de l’époque, alors afin de bien me rendre compte de l’ambiance sov’ et de faire un petit tour dans l’histoire, j’ai sauté dans une routiera (maxitaxi) et en avant marche !


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Une routiera

 

1h15 plus tard : la douane. Je dois me faire enregistrer. Une parade inter-culturello-comique prend alors forme avec le chef du comptoir des enregistrements au regard autoritaire et suspicieux. Il ne me regarde pas…il me SCANNE ! Dans un anglais plus qu’approximatif il me questionne :


- imia (nom) ?

- Jankowiak.

- J’ai pas dit familia (nom) j’ai dit imia (en fait ça veut dire prénom…bon)

- Céline.

- Nom du père ?

- Bah, Jankowiak, pareil !

- J’ai pas dit familia !

- (Oui je suis stupide, deuxième fois que je me fais avoir, mais pourquoi diable a-t-il besoin de cette information? Il le connait ? Il veut un rencard ?) Michel.


C’est ainsi que Céline Mihaïlovna se retrouve libre de gambader en Transnistrie sous condition de se faire enregistrer une seconde fois en ville. C’était donc pour cette raison que le douanier manifestait de l’intérêt pour mon auguste géniteur ! Même pour les étrangers, la douane crée un patronyme à tous ceux qui n’en possèdent pas. Celui-ci se confectionne à base du prénom de votre père. Ajoutez-y « -ovna » pour ces dames et « -ovitch » pour ces messieurs et le tour est joué. Je me sens Russe, c’est trop classe. Je ne tiens plus en place.

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Armoiries de la Transnistrie


J'arrive au premier arrêt de bus de Tiraspol, la capitale de la Transnistrie, mon hôte couchsurfing m’attend. Il s’appelle Andrey. Il a 25 ans et il est marié à Iana. Ils ont un chien nommé Kiéks. Kiéks aime beaucoup aboyer pour rien. Andrey est journaliste pour une radio diffusée vers les pays germanophones. Quand je leur demande combien d’auditeurs transnistriens écoutent cette fréquence, il me répond un seul, il n’y a que Kiéks. Andrey est très fort en allemand, cependant pour discuter plus rapidement avec lui et pour que sa femme (+ moi aussi, je dois l’avouer) puisse comprendre ce que l’on raconte, nous optons pour la langue anglaise qu’ils ont entrepris d’étudier ensemble il y a peu. Andrey a étudié l’allemand depuis autant de temps que moi. Il en vit, j’en souffre. La seule idée de formuler une phrase dans cette langue me fait paniquer. Même après une année complète à étudier en Allemagne, ma grammaire reste tellement chaotique qu’il serait limite insultant pour un allemand que j’ouvrisse la bouche. Andrey, lui, est traducteur et journaliste en langue allemande et possède un accent qui-fait-saigner-du-nez-tellement-qu’il-est-bien ! Deux systèmes scolaires différents. Comme d’habitude brille l’excellence française.

 

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Andrey et Iana


Dès mon arrivée, mes hôtes me dévoilent le talent de leur chien. Il sait chanter ! Andrey entonne une chanson d’une voix suraiguë et le chien…me livre un véritable récital. Andrey m’explique que cette musique vient d’un spot publicitaire et que le chien était très réactif quand cette réclame passait à l’antenne. Alors, ils ont tenté de vérifier si quand eux le chantaient ça fonctionnait également. Bingo.


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Je commence directement les hostilités culinaires, avec l’essai des sloiki (Слойки) à la crème, puis au soir avec de la salianka (Солянка). Le tout arrosé de thé à la canneberge. C’est absolument délicieux. Iana est très bonne cuisinière !


L’humour de mon hôte est très décalé. J’ai du mal à déceler l’ironie et la sincérité. Andrey s’en aperçoit et joue là-dessus. Il a du bien se marrer, je n’étais pas super à l’aise le premier soir. Cependant, je suis vite rentrée dans le jeu. Au final le courant est très bien passé.

 

Le lendemain je rencontre son frère. Il me joue quelques morceaux de guitare. Il a une très belle voix. Puis il me propose une partie de tennis de table. Nous rencontrons  trois autres de ses amis. Nous nous retrouvons tous les cinq à l’Institut Technique pour jouer. J’apprends mes premières insultes en langue russe.

 

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Bien sûr, je pars en excursion dans la ville. Cependant, le froid limite l’étendue de mon exploration. Mon hôte m’accompagne dans un premier temps. Il m’apprend que la routiera en Moldavie s’appelle ici marchroutka (маршрутка). Ce mode de transport coute 2,5 roubles transnistriennes pour le voyage quel que soit le temps que l’on y reste. Il me fait répéter jusqu’à la mémorisation une phrase bien utile : « На остановке » (prononcez : naastanovkié) que l’on prononce dans les marchroutki pour demander au conducteur de stopper son véhicule à l’arrêt suivant.  Il me rassure en ironisant qu’ici il est impossible de se perdre, car Tiraspol ne possède que deux rues principales. Celle du 25 Octobre et celle nommée Karla Libinechta. Apparemment mon sens de l’orientation exotique ne transparait pas trop.

 

Je découvre le centre-ville de Tiraspol. On croirait que temps s’est arrêté. Je me retrouve propulsée dans un livre d’histoire. L’effet est des plus étranges. C’est grand. C’est gigantesque même. C’est démesuré. Tout rappelle l’époque de l’Union des républiques socialistes soviétiques (URSS).


Je lève le nez, je suis face à une statue de Lénine de six mètres haut, représentant ce vieux Vladimir Ilitch Oulianov la cape au vent. Ce batiment s'avère être le parlement de la République moldave de Transnistrie.

 

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Plein écran

 

Même au détour d’une rue histoire de ne pas oublier où vous êtes, une petite faucille et marteau ornent le mur.

 

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Seul en Transnistrie il est possible de passer des bords paisibles du Dniestr à un mémorial pour les patriotes tombés au combat…

 

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…avec face à lui, un tank.

 

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Des affiches de très bon goût montrent le Président de Transnistrie, M. Igor Smirnov, serrant la main de son homologue russe, M. Medvedef.

 

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La banderole en dessous mentionne simplement que « notre force vient de l’union avec la Russie ».

 

Non loin de la Maison des soviets (Дом Советов), le Conseil municipal de Tiraspol, trône un  « Hall of Fame » des personnalités contrôlant le pays.

 

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Je me questionne alors sur ce respect illimité des chefs en tout genre (en politique comme en économie) et leur perpétuelle mise en avant. À l’époque cela transcendait peut être la population, lui faisant croire que tout était possible à force de travail et d’acharnement, poussant les citoyens à dépasser leurs limites et, eux aussi, tenter de devenir un de ceux qui ornent cette rangée. Aujourd’hui ces portraits narguent les passants, rabaissant ceux qui n’ont rien accompli et surtout révélant une minuscule élite vivant à l’abri du besoin.


Je visite la faculté dans laquelle Andrey a fait ses études, ici aussi, au bout d’un couloir on retrouve une fois encore une allégorie de la « bolchévita » perdue.

 

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Je continue en descendant la rue principale (celle du 25 Octobre) vers la maison des soviets où siège le conseil municipal et où se trouve un autre buste de Lénin,

 

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En face, le siège du parti républicain Обновление (Obnovlenie)

 

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Je me balade un temps sur les bords du Dniestr.

 

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En face se trouve l’impressionnante statue du général russe Alexander Suvorov qui fonda Tiraspol en 1792.

 

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Derrière celle-ci se trouve le marché.

 

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Je reviens de mon excursion. J’effectue un détour par le magasin Sheriff histoire d’acheter de quoi me nourrir. La compagnie Shériff possède, en quelque sorte, toute la Transnistrie. Elle a le monopole dans beaucoup de secteurs. Elle possède l’équipe de foot FC Sheriff Tiraspol et son stade, une chaîne de stations essence, de supermarchés, elle propose également une offre internet-téléphonie-bouquet satellite, possède une imprimerie, la fabrique de pain de Tiraspol, des casinos, une concession Mercedes-Benz, une agence publicitaire, une entreprise de construction et enfin la fabrique de cognac Kvint. Rien que ça. Une véritable oligarchie établie comme dirait Andrey. Le portrait du Big Boss est d’ailleurs dans le « Hall of Fame » cité plus haut.

 

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Le second soir je rencontre un ami de classe d’Andrey. Il me raconte que ses parents se sont installés ici, car la Transnistrie était considérée comme LE paradis soviétique à l’époque du bloc URSS. 30 ans plus tard il se retrouve coincé dans ce paradis poussiéreux qui n’a pas changé d’un pouce et qui n’est plus vraiment en harmonie avec son idée de l’époque actuelle.

 

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Je discute de voyages avec mes hôtes. Ils me demandent dans quels pays je suis allée. Honteusement, je dresse la maigre liste de mes destinations. Leur rêve est de visiter la Croatie. Le seul problème (et non des moindres) : les passeports et visas. Ils sont bloqués ici pour le moment. Il leur faut des passeports moldaves ou russes, car la Transnistrie n’est reconnue par aucun Etat. Cela signifie que leurs papiers d’identité transnistriens n’ont aucune valeur aux yeux des Etats restant pour qui la Transnistrie est une part de la Moldavie. Le hic c’est que l’obtention de ces sésames relève du miracle. À cela s’ajoutent les problèmes d’argent (salaire moyen d’un médecin = 200€). Leur patience et volonté sont donc mises à rude épreuve.


Pour effacer la déception de ce voyage sans cesse reporté Iana nous invite à manger.


Au menu une nouvelle découverte : après un délicieux Borsch maison, on me sert du Sarrasin (Grietchka) on m’explique qu’ici ce sont majoritairement les gens au régime qui mangent ce céréale. J’ai trouvé ça plutôt bon.

Une fois le repas terminé, nous échangeons des noms de groupe de musiques. Ils me parlent de Ария (Aria), Танцы Минус (Tancy Minus), Звери (Zveri), Сплин (Splin),  Би2 (B2), Машина Времени (Machina Vremeni), Дима Билан (Dima Bilan).


Ensuite, prennent place des cours improvisés dans nos langues respectives. Je suis fascinée par la rapidité avec laquelle Andrey apprends le français. Il veut surtout apprendre à lire. Une seule soirée a suffi ! Désespérant !

 

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Mon cours de russe

 

Le temps file à une vitesse incroyable, le lendemain, après un tour en ville, je dois déjà plier bagage. Je déteste partir. Je remercie mes hôtes en les invitant en retour à Lille s’ils obtiennent un jour leurs visas et leur promet de revenir durant l’été.


 Je fais un dernier petit détour par la fabrique de cognac Kvint. La marque Kvint a fait la renommée du cognac transnistrien, il est très réputé dans les pays de l’Est. La distillerie produit également du vin, de la vodka, liqueurs et autres spiritueux.


J’arrive à la gare, achète un ticket de bus. le trajet Tiraspol-Chisinau coûte environ deux euros cinquante. Lors du départ un scandale éclate. Deux personnes n’ont pas payé leur billet. Le bus est plein, personne ne veut voyager une heure debout. Après une demi-heure de vérification les coupables sont démasqués.  Ils se font rembarrer, car ils sont d’ici et donc connaissent le fonctionnement du bus. En fait, on m’a expliqué que lorsque le bus n’est pas plein, il est possible de s’arranger avec le chauffeur pour lui donner une compensation inférieure au prix du ticket en échange d’une place vide. En temps de dèche, tout se tente ! Malheureusement pour les deux fraudeurs, le bus était plein.

 

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Roubles transnistriennes

 

Une fois à la douane, nous avons droit à une heure d’attente, une vérification à la lampe torche sous les sièges (des fois que l’on aurait caché quelques clandestins) et un check interminable de passeports. Après un trajet qui a duré le double du temps nécessaire à l’aller, j’arrive à Chisinau gelée. Le bus n’était pas chauffé. Je retrouve la bonne vieille Piata Centrala. Je rentre chez moi des souvenirs plein la tête.


La Transnistrie aura été une très bonne expérience. C’est un saut dans un manuel d’histoire. C’est mieux qu’un musée. Le temps semble s’y être arrêté. Tout est resté intact et continue de fonctionner comme à l’époque du bloc soviétique. Cet endroit a certains aspects qui mettent mal à l’aise, des règles étranges, une sévérité qui semble exagérée. J’ai ressenti de la peine pour la population qui se sent coincée et ne n’envisage pas un avenir très rose. Mais ce voyage a été pour moi une aventure humaine incroyable. J’ai découvert beaucoup de choses, appris autant que possible. Culturellement parlant ce fut très enrichissant. Nous avons beaucoup échangé avec mes hôtes et je peux affirmer qu’ils sont devenus mes amis. J’ai aimé la Transnistrie. Je persiste et signe : cet été j’y retournerai.


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Drapeau de la Transnistrie

 

Vous en voulez encore? suite des photos par ICI.

Par Ceska - Publié dans : Voyages
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Mercredi 20 janvier 2010 3 20 /01 /Jan /2010 13:39

Les vacances de Noël sont bel et bien terminées, mais histoire de ne pas faire l’impasse sur ce sujet de taille, je vous propose de prendre un ticket pour la machine à remonter le temps et de faire un petit come back aux entours du 25 décembre. Laissez-moi donc-vous présenter les fêtes de fin d’années à la Moldave.

Il est souvent embarrassant pour un français de décrire nos traditions de Noël. Hormis la bûche, la crèche, le sapin et quelques chants sur CD, on ne peut se targuer d’avoir de réelles traditions ancestrales. En Moldavie c’est une autre histoire. Ce pays est idéal pour renouer avec les fêtes de fin d’année qui ont souvent perdu tout leur sens dans les contrées de l’Ouest. Ici ces fêtes ont gardé tout leur caractère religieux et traditionnel.

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Colindatori à la remise des prix des dix meilleurs journalistes moldaves de l'année par le CIJ

Deux fois plus de fêtes

Le premier avantage quand on passe ses vacances d’hiver en Moldavie, c’est les deux semaines de congés. Eh oui, deux semaines ! Ici on fête deux fois Noël et deux fois nouvel an. Mes collègues différencient les deux catégories. L’une est « old style » et l’autre « new style ». Wikipédia, quant à lui, préfère différencier ces deux cérémonies selon la religion : Catholique et Orthodoxe. Le calendrier Orthodoxe (dit Julien) possède 14 jours de décalage comparativement au calendrier Catholique. Ce qui donne une fête de Noël le 25 décembre et le 7 janvier et un nouvel an la nuit du 30 décembre au 1er janvier ainsi que dans la nuit du 13 au 14 janvier. Une double fête bien pratique. Beaucoup y voient une solution pour ne pas faire de mécontents. Ainsi le 25 décembre et réservé aux amis, tandis que le 7 est majoritairement réservé à la famille. Le Noël « old style » est souvent célébré à la campagne chez les parents. C’est l’occasion de réunir la famille au grand complet.

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Colindatori en vêtements traditionnels

Colindatori

Les colindatori sont ceux qui chantent les colinde (chants religieux de Noël).Ces chants de Noël sont dans un premier lieu proclamés par les enfants. Ils comptent la naissance du Christ. Une fois fini, il arrive que les colindatori formulent déjà les vœux pour la nouvelle année tout en jetant du riz portant bonheur. En contre partie de cette prestation, ils reçoivent beignets, bonbons, pommes et argent. Dès la nuit tombée, c’est au tour des adolescents et adultes. De même, ces derniers chantent à leur famille, entourage et voisins cantiques et souhaitent les vœux. Eux aussi reçoivent de l’argent. Parfois on les invite à entrer afin de déguster du vin. Une occasion pour partager quelques blagues et entonner des chansons satiriques (visant souvent le maire, le prêtre, les célibataires…).

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Colindatori présentant leurs voeux au maire de Chisinau

Parfois, le groupe de colindatori porte une steaua. Ce mot veut dire étoile en français. C’est d’ailleurs la forme de cet objet perché en haut d’un bâton. En son centre se trouve une image de la Vierge et de son enfant. Autour, en guise d’ornement, sont disposés de branches de pin, des rubans, de petites guirlandes multicolores et des clochettes au bout de chacune des cinq branches de l’étoile.

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Pour remercier les colindatori, il arrive également qu’il leur soit offert une couronne de pain._IGP5848.JPG

Représentation à Teleradio Moldova (TRM)

De vrais spectacles :

Lors des colinde de véritables spectacles sont organisés. On se déguise et l’on mime des scènes traditionnelles : en voici quelques-unes.

Tout d’abord, la capra (la chèvre). L’acteur jouant la capra porte une imitation de tête de chèvre ou cerf en haut d’un petit manche. Il dissimule ensuite son corps sous un tapis fleuri ou une fourrure. La chèvre exécute une danse burlesque. Des garçons qui l’accompagnent récitent des vers.

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Ensuite, l’ursul (l’ours). Ce personnage fictif ressemble à la capra à la différence que les gens qui l’accompagnent prononcent des vers comiques qui satirisent les défauts des personnes qu’ils visitent.

Dernier animal mimé : le căluţul (le poulain). Ce dernier, danse parmi des musiciens ambulants dans la cour des voisins visités.

Autre pièce organisée lors des colinde : la malanca. Dans ce spectacle on retrouve plusieurs personnages phares : voïvodes, capitaines, princes, tsiganes, paysans, pasteurs dansant, chantant et récitant sous forme de poème les différentes étapes de la culture du blé.

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Riz et buhai

Pour nouvel an c’est avec un pluguşor (une petite charrue en bois) paré d’un fil rouge et de fleurs de basilic que les enfants recommencent le porte à porte à la nuit tombée. Pour nouvel an, ils récitent des poèmes louant notamment le travail de l’agriculteur. Reçoivent les mêmes présents que lors des colinde de Noël. Ensuite, à minuit, c’est au tour des plus vieux. Eux aussi souhaitent au voisinage le bonheur, la prospérité, la santé et de bonnes récoltes pour l’automne. Ces vœux sont rythmés par des tintements de clochettes et accompagnés parfois d’un buhai (en français : taureau). Le buhai est un tonneau en bois recouvert d’une peau de bête avec crin de cheval huilé au borsch qui, quand un des participants tire dessus, émet des sons très graves, sorte de basse pour accompagner les vœux. Lorsque cet instrument est placé contre une vitre, les vibrations se trouvent intensifiés et font trembler toute la maison. Le rendu est très impressionnant. Il n’est pas rare que le lendemain matin on répète l’opération pour souhaiter la bonne année aux proches.

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Joueurs de buhai au centre social Artico de Chisinau

Chaque fois que des vœux sont proférés les chanteurs jettent des grains de blé, maïs, orge, seigle, tournesol, ou plus communément riz. Ils portent bonheur. La tradition veut que l’on ôte les grains le lendemain du jour où ils ont été jetés.

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Cut the pig :

À Noël, selon la légende, « les cieux s’ouvrent et les bêtes se mettent à parler », heureusement, la tradition veut que l’on " taille le porc" environ 5 jours avant les fêtes, le jour de l'Ignat, afin d’avoir le temps de préparer tous les plats confectionnés à base de cette viande : saucisses, salades de bœuf, farce pour sarmale, rôtis, boulettes pour la ciorba de perisoare (un type de soupe)... vous l’aurez compris le porc est la viande de base de la cuisine traditionnelle de Noël. Et pour le dessert ? Nous avons notre traditionnelle bûche de Noël, les moldaves, eux, ont le cozonac (brioche farcie de fruits secs).

Partout dans le monde ces fêtes sont bien évidemment un moment de rassemblement et d’abondance.

Alors, dernière leçon, il ne vous reste plus qu’à apprendre à dire : Craciun fericit si la Multi Ani (joyeux Noël et bonne année)

Voilà, vous êtes prêts !

 

Par Ceska - Publié dans : Traditions
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Lundi 18 janvier 2010 1 18 /01 /Jan /2010 11:33

La police britannique n'est pas là pour déconner, encore une preuve dans l'actualité.

 

 

 


Coût de la rigolade : un blâme. Pas de bol pour ces policiers qui ont cru amusant de faire usage de leurs boucliers comme luges. Comme quoi, garder une âme d'enfant à un prix. C'est triste d'en arriver là !

Par Ceska - Publié dans : Humour
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Lundi 11 janvier 2010 1 11 /01 /Jan /2010 13:43

Louis-Ferdinand Céline, Semmelweis

 

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Exemple de rue dans le vieux quartier juif.


…Moi, je prends des photos. Se balader dans Chisinau c’est entrer dans un monde différent à chaque fois et cela même en terra cognita. Je ne peux même pas me targuer de connaitre vraiment le centre. C’est à peine si après un mois et demi je commence à m’y repérer facilement. C’est parti pour une petite visite guidée des moins exhaustives, vous aurez été prévenu. La ville de Chisinau est composée de quatres quartiers Rîscani (au nord), Botanica (au sud est), Buiucani (ouest), Ciocana (nord est). Ces districts qui entourent le centre sont un peu les dortoirs de la ville. De « presque » équivalents aux quartiers du Coq à Condé sur Escaut ou de la ZUP Ste Croix de Bayonne, mais en beaucoup plus grand. De grandes barres d’immeubles parsèment le paysage, le tout entouré de nombreux arbres. Un jour, j’ai demandé pourquoi les arbres avaient une bande blanche peinte sur le bas de leur tronc. Etait-ce pour signaler aux gens ivres leur présence ? On s’est moqué de moi… Apparemment c’est pour éloigner les insectes ou quelque chose du genre.

 

IGP4290Boulevard Stefan Cel Mare, centre ville.

 

Se balader dans les vieux quartiers de Chisinau c’est faire des allers-retours perpétuels dans le temps. Le vieux et le neuf s’y battent en duel. C’est une ville pleine de changements. Comme pour effacer de mauvais souvenirs, les rénovations champignonnent au rythme des finances des propriétaires et ne sont pas toujours effectuées avec  bon gout. Chaque vieille bâtisse est en suris, parfois deux mois à peine puis elle disparait. De nouveaux bâtiments s’érigent de partout. Il n’est pas rare, au cours de flâneries à travers les vieux quartiers, de voir des architectures improbables, coexister avec de vieille bicoques sov’ bricolées. Tout est sans arrêt modifié. Même dans son architecture, la Moldavie se cherche.


Moldavie 3

Quartier juif.

 

J’ai eu l’occasion de m’offrir une petite visite guidée avec le très célèbre professeur de photo journalisme Nicolae Pojoga. Pourquoi si célèbre ? C’est l’unique prof du pays dans le domaine. Le temps d’un dimanche j’ai donc découvert les trésors du vieux quartier juif. Balade fort enrichissante, puisque M.Pojoga, passionné de la ville, nous a donné moultes explications sur les différents changements de configuration opérés dans les rues et les moyens de les déceler, cartes d’époque à l’appui.


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Nicolae Pojoga et Veronix1.

 

Il nous a également dévoilé le secret des maisons à la moldaves, célèbres en ce qu’elles ne « font pas le coin », c'est-à-dire qu’elles en sont amputées. Je sais, c’est difficile à expliquer aussi bien qu’à comprendre.

Exemple en image :


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Maintenant…explication :


La Moldavie est LE pays du vin, comme je vous l’ai déjà expliqué. Par respect pour sa population elle a voulu l’embêter le moins possible. Aussi, après une longue dégustation des dernières cuvées, il s’agit de déjouer les pièges du chemin du retour, en particulier ces vilains coins qui ne crient pas gare et conte lesquels on se cogne ! La Moldavie a fait le choix d’économiser le nombre de bosses sur le front et a donc amputé ses maisons de leurs coins lorsqu’ils se situent aux intersections de rues et qu’ils sont particulièrement menaçants ! Et l’on se foutait de moi lorsque je demandais si les arbres n’étaient pas peints en blanc pour protéger les gens de la même espèce…pfffff

 

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Cour intérieure des Sainciuc.


Cette balade dominicale bien sympathique s’acheva par une visite de la maison des Sainciuc. Les Sainciuc sont une famille d’artistes. Le père : Glebus Sainciuc, 90 ans, est surnommé « le maître des masques ». En plus d’être peintre, il excelle dans la fabrication de faciès fictifs à mi-chemin entre l’enfantin, la caricature, parfois l’autobiographique. Dans la famille Sainciuc, je demande le fils ! Licà Sainsuic, la soixantaine, est illustrateur. C’est lui qui a créé l’alphabet sur lequel tous les petits moldaves apprennent à lire. Cette famille vit dans l’une des dernières maisons d’époque restées intactes. Une fois encore, je visite un lieu où le temps semble s’être arrêté. Entre un café et deux quartiers de pommes, Licà nous montre de vieilles photos de famille rénovées. Des mises en scènes et beaucoup de portraits. L’une d’elle représente sa famille au grand complet. Elle comporte beaucoup d’hommes d’église, un must à l’époque ! Licà Sainsuic est aussi l’auteur d’un livre sur l’ancien Chisinau, spécialisé dans l’architecture du XVIII, XIX et XXe siècle.


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Licà Sainsuic, dans sa salle à manger.


 Dans les rues de Chisinau, on voit des choses plutôt insolites. Aussi, lors de mes tous premiers reportages ai-je découvert un pèse personne trainant seul sur le trottoir. Mais que fait la Ligue Contre les Abandons de Balances en Tout Genre (LCABTG)? M’indigne-je. Je remarque alors qu’une vieille babouchka se trouvait non loin avec à ses pieds une petite pancarte proposant pour 1 leu (monnaie locale, je vous le rappelle) de vous donner votre poids exacte, s’il vous plaît ! Le plus étonnant est que ces stands ne sont espacés les uns des autres que de quelques centaines de mètres, mais semblent néanmoins bien fonctionner. Etrange coutume me dis-je… Qui donc a besoin de connaitre son poids sur un coup de tête, en pleine rue qui plus est ? Personne n’a-t-il de balance à la maison ? Ou alors le Moldave de base veut-il juste vérifier à tout moment qu’il a bien mangé 300 grammes de placinta ? Mystère Moldave…

 

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Sur le boulevard Stefan Cel Mare.

L’habit ne fait pas le moine…

Par un vivifiant -15°C + neige qui, lorsqu’elle n’est pas déblayée, monte jusqu’aux genoux et ne semble pas vouloir s’arrêter de tomber de sitôt ; les gens dans la rue n’ont que leurs fameuses chapkas pour les différencier de n’importe quels habitants de par chez nous. Seul détail qui ne rate pas, à mes yeux, pour déceler le VRAI moldave : Le gout prononcé de ces messieurs pour les manteaux-avec-col-en-moumoute-synthétique-ou-pas. Comment repérer au loin la silhouette de votre Moldave préféré, lorsque tous portent le même manteau ?

Lors de conditions climatiques normales, les filles affichent des goûts on ne peut plus suspects. Je vous ai déjà parlé de leur passion invétérée pour les talons qui n’en finissent plus. Les demoiselles Moldaves semblent être nées chaussée de TTT  (Talons Tout Terrain) qu’elles gardent également par temps de neige !


                                   _IGP6527.jpg IGP4311


Elles ont aussi un amour indéfectible pour les diams en tout genre, un style vestimentaire plutôt uniforme qui surpasse celui d’une péripatéticienne et une fidélité éternelle au détail qui tue dans tout ce qu’elles choisissent, pour mon plus grand bonheur. Oh combien de partie de plaisir ai-je eu dans les magasins en essayant d’en faire une liste exhaustive! Mission impossible, vous l’aurez compris.

L’œil de Moscou

Curieuse expérience que de tirer le portrait des Moldaves. J’ai eu le droit à deux démonstrations plutôt contradictoires.

 

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Un détour à Gotesti...


En compagnie d’une roumanophone accomplie (qui n’est autre que ma tante), nous sommes directement catégorisés comme espionnes du KGB. On nous questionne sur notre probable employeur et l’on s’effraie de ce potentiel œil de Moscou. Les gens se cachent le visage lorsqu’ils voient poindre un objectif. Le rendu sur les photos est des plus drôles : on a l’impression que les Moldaves sont un peuple tout le temps en train de pleurer, arrêtez de sécher vos larmes lorsque je vous photographie, enfin !

 

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L'armée Moldave.


Toute seule, je leur parle en français, ils me prennent pour ce que je suis (: une touriste en vadrouille) et discutent tout content avec moi. La meilleure des solutions pour tirer le portrait aux gens d’ici reste durant l’exercice de mes fonctions. Sur le terrain, lorsque les locaux ont compris que j’étais journaliste et qu’ils m’ont bien repéré, c’est eux qui parfois viennent me chercher. Est-ce la possibilité d’être en photo dans le journal qui leur fait changer d’attitude ? Possible…


Vieux 31

Invitée à la soirée de lancement de l'office des infos touristiques sur le Maramures.

Par Ceska - Publié dans : Photographie
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